La politique des drogues

8,8 milliards, c’est le montant en euros, du coût social annuel des drogues illicites en France. Ce montant, résultant des travaux de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, prend en compte le coût des vies perdues, des pertes de production ou de la qualité de vie mais aussi le montant des dépenses publiques de soins, de prévention et de répression. 


La politique française en matière de drogues repose sur la loi du 31 décembre 1970. Ce texte considère l'usager simple de stupéfiants à la fois comme un malade et comme un délinquant. Délinquant puisqu'il incrimine spécifiquement l'usage de drogues et prévoit une peine d'emprisonnement ferme. Malade puisqu'il prévoit une exemption de poursuites pénales pour les toxicomanes usagers "simples" qui acceptent de se soumettre à une cure de désintoxication.


La répression, qui est au cœur de ce dispositif, est la clef de voûte des politiques menées par la France en matière de drogues. 


Cependant, cette répression est très coûteuse et ne semble pas très efficace. 


En effet, 75 % du budget de l’Etat consacré aux drogues, sont affectés aux mesures répressives au détriment de la prévention et des actions en faveur de la réduction des risques liés à l’usage des drogues. 


Or, cette “guerre à la drogue” n’endigue ni la consommation, ni la production de drogues et constitue parfois une atteinte aux droits humains puisqu’elle exacerbe les stigmatisations ainsi que les discriminations sociales et raciales. 


Pourtant, certaines actions de réduction des risques menées par les associations, à l’instar de l’association AIDES, ont prouvé leur efficacité. L'association de lutte contre le VIH et les hépatites virales a en effet voie au chapitre depuis sa création puisque les usagers-ères de drogues sont, encore aujourd'hui, particulièrement exposés au VIH et à l'hépatite . Une situation aggravée, selon l'association par le carcan répressif. En plaçant les enjeux sanitaires au centre des politiques publiques en matière de drogues, les autorités pourraient davantage axer leurs efforts sur la prévention et la réduction des risques. 

 

En outre, un récent sondage relayé par  le Collectif pour une nouvelle politique des drogues (CNPD)  montre que les français.e.s jugent que la répression de l’usage des drogues n’est pas efficace et que les actions de prévention et de réduction des risques menées par l’Etat sont insuffisantes. 82 % des personnes interrogées sont favorables à l’organisation d’un débat sur cette question.


Pourquoi est-ce que la France, dont la législation est l’une des plus répressives en Europe, maintient cette position et la renforce (amende forfaitaire instaurée en 2019) ? Quels sont les fondements (politiques, économiques et sociaux) qui poussent le législateur à maintenir cette répression systématique alors que “la guerre à la drogue” est un véritable échec ? Que peuvent faire les député.e.s face à cette situation ?


C’est à ces questions que nous tenteront de répondre en interpellant des députés aux abords de l’Assemblée nationale. 


En seconde partie d’émission, nous aurons le plaisir d’échanger avec Camille Spire, référente réduction des risques liés à l’usage de produits psychoactifs chez AIDES et Cédric Ruffié, salarié à AIDES en Charente-Maritime. 


Texte & voix

Léa Chamboncel


Musique originale & réalisation

Julien Montcouquiol


Cet épisode a été réalisé grâce au soutien de l’association AIDES.




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