Le cunnilingus, « simple » à donner et recevoir ?

«Toutes les femmes aiment-elles le cunnilingus?». Cet acte sexuel est-il si «simple» à donner, comme à recevoir ?, questionne Catherine Blanc, psychanalyste et sexologue, qui a publié La sexualité décomplexée (Flammarion, 2015). Une interrogation sous forme de généralité. Car, comme à propos de la fellation, sur laquelle nous échangions dans le dernier épisode de notre rendez-vous « Tout Sexplique », il n’y a, dans ce domaine, ni règle ni généralité. On apprécie ou non cet acte sexuel, le donner comme le recevoir.


Dans cet entretien, la psychanalyse et sexologue revient sur la difficulté, chez certaines personnes qui reçoivent ce baiser génital, du lâcher-prise, car toutes «ne vivent pas leur sexe avec la même tranquillité». La vulve, les lèvres, le clitoris, l’entrée du vagin peuvent ainsi inspirer des réactions très diverses, de l’amour, de l’admiration chez certains, mais aussi du dégoût pour d'autres. Laisser baiser, et baiser cette partie du corps n’a rien d’anecdotique, car cet acte sexuel implique de «s’exposer, oser laisser son sexe à la vue et à l’observation de l’autre».


Catherine Blanc relève que celles qui reçoivent un cunnilingus peuvent éprouver une difficulté du lâcher-prise, à s’autoriser aux manifestations de plaisir. Mais aussi à s’autoriser de ne rien manifester, si cet acte bucco-génital ne suscite rien chez la personne qui le reçoit. « Pour aimer le cunnilingus, il faut avoir confiance en l’autre pour gagner confiance en soi, et confiance en soi, pour autoriser la confiance en l’autre », rappelle enfin Catherine Blanc.


Anne-Laetitia Béraud

Crédit sons: Bisquit Soul de Nordgroove Fugue Icons8.com, extraits de films zonesons.com

Illustration: Canva / 20 Minutes


 

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