Qu'est-ce qu'un fait divers ?

Qu'est-ce qu'un fait divers ? Merci d'avoir posé la question !


Cet été, le magazine Society a remis l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès sous les projecteurs en y consacrant deux numéros, 76 pages, deux volets d’une enquête que l’on s’arrache. Avec 450.000 exemplaires pour un titre qui, ces derniers mois, tutoyait plutôt les 20.000 à 30.000 exemplaires vendus.


Mais pourquoi ces faits divers nous fascinent ils autant ?


Un fait divers est souvent un événement tragique qui attire l'attention parce qu'il frappe sans prévenir et souvent des personnes très ordinaires. On dit ainsi que les accidents, les viols, les disparitions, les meurtres sont des "faits divers". Certains journaux y consacrent même une rubrique spécifique… De Jack l'éventreur au petit Grégory, en passant par la famille Dutroux ou Xavier Dupont-Ligonnès... les faits divers passionnent ! Parce que l’affaire nous a intrigués, scandalisés, parce qu’elle s’est déroulée dans notre rue ou parce qu’on en connaissait un protagoniste... le fait divers est, par définition, l’événement inclassable. Le genre remonte au Moyen-Âge. Mais, en France, la rubrique s’est stabilisée en 1863, avec la création du Petit Journal, le premier quotidien vendu au numéro. Le directeur de ce journal, Moïse Millaud, était un banquier arrivé dans la presse par les chemins de fer. Les gens lisaient le journal dans ses trains, il a donc investi dans la presse. En vendant au numéro, il devait fidéliser ses lecteurs jour après jour. C’est ainsi qu’a été créée la rubrique quotidienne des faits divers. Il s’agissait de rapporter des événements hors du commun et anecdotiques, à fort pouvoir de distraction. Et pour fidéliser le nouveau lectorat, il fallait qu’il soit concerné. C’est même le genre du fait divers qui est à l’origine du mot "reporter", alors particulièrement péjoratif. C’est un anglicisme né en France, à partir du mot "rapporter". Déjà à l’époque, la rubrique des faits divers était mal vue d’une certaine aristocratie de la presse. Et c’est au XXe siècle que le genre s’est développé à son maximum avec la création du magazine Détective par l’éditeur Gaston Gallimard. Le magazine est devenu alors la bible du fait divers, où des plumes comme Joseph Kessel et Albert Londres y faisaient leurs premières armes. 


Mais pourquoi ça marche, le fait divers ? Pourquoi une affaire va-t-elle marquer plus qu'une autre ? Ecoutez la suite dans cet épisode de "Maintenant vous savez".


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