Qu’est-ce que le syndrome de Stendhal ?

Le syndrome de Stendhal fait partie des 6000 à 8000 maladies rares recensées dans le monde. Cette maladie psychosomatique provoque des accélérations du rythme cardiaque, des suffocations voire des hallucinations chez certaines personnes exposées à un trop plein d’œuvres d’art.Cet ensemble de symptômes a été baptisé du nom du célèbre écrivain français qui avait décrit un état d'émotion intense dans Rome, Naples et Florence (publié en 1826), alors qu'il sortait de la basilique de Santa Croce, à Florence. "J'étais arrivé à ce point d'émotion où se rencontrent des sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j'avais un battement de coeur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber", écrit-il

En 1979, cette condition fut nommée le syndrome de Stendhal. Bien que non reconnu comme un trouble psychiatrique, le terme est néanmoins utilisé pour décrire une réaction physique face à la beauté du monde naturel et du grand art.

Le syndrome de Stendhal a été décrit dans un ouvrage homonyme par une psychiatre italienne, le docteur Graziella Magherini, qui exerçait à l'hôpital Santa Maria Nuova, à Florence. Alors qu'elle recevait des touristes choqués après avoir visité la Galerie des offices, elle a formalisé un diagnostic sous le nom de syndrome de Stendhal. Les symptômes, qui toucheraient davantage les femmes célibataires, de moins de 40 ans, voyageant seules, se manifestent sous forme de vertiges, perte du sentiment d'identité, suffocation, tachycardie, voire hallucinations. En général, les patients se rétablissent en quittant la ville.

A côté du syndrome de Stendhal, d'autres états de crise, de dépression ou de délire liés aux voyages ont été décrits : le syndrome de Jérusalem touche les touristes en pèlerinage religieux dans la Ville sainte. Anxiété, stress, désir d'isolement, obsession de se purifier le corps, en sont les principales manifestations.

Le syndrome de Paris frappe des Japonais installés dans la capitale qui n'arrivent pas à s'adapter à leur nouveau contexte, déprimés par une ville qui n'est pas celle qu'ils avaient idéalisée. "J'ai rencontré plusieurs patients dans ce cas, témoigne le docteur Guedj. C'est un syndrome qui met du temps à s'installer. Les gens s'isolent, s'enferment dans leur chambre d'hôtel ou dans leur appartement."

Le syndrome de l'Inde frappe, lui, les Occidentaux. Dans ce pays mythique, le choc culturel est tel que certains perdent pied. Très angoissés, ils peuvent être pris de délire paranoïaque de persécution. Régis Airault, psychiatre, a été en poste au consulat de Bombay pendant quelques années. A plusieurs reprises, il a rapatrié des Français atteints par ce délire. Dans son livre Fous de l'Inde, il évoque une série de cas, comme cette jeune fille qui courait dans les rues pour embrasser les vaches sacrées pendant un périple de dix jours avec une association humanitaire ; ou cette femme, venue se ressourcer quelques mois en Inde, qui avait failli se noyer en voulant rejoindre ses parents en France à la nage. "Le voyage, comme une séparation, un déménagement, peut faire décompenser les gens, considère Régis Airault. Cette déconnexion psychique semble plus facilement se produire dans certains endroits chargés de sens par l'histoire et la culture dont la personne est issue." Ce serait l'axe oriental - Florence, Jérusalem, Inde - pour les Occidentaux, Paris pour les Japonais, La Mecque pour les musulmans.


 

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