Rose, apprendre à vivre sans cocaïne

“Je ne peux plus me passer de la cocaïne. Je ne me sens en éveil que lorsque je suis sous son emprise. Le reste du temps, je ne suis plus sensible, réceptive au monde qui m’entoure. Je me sens presque éteinte avant la première ligne. Cette drogue raccourcit les journées et allonge les nuits. Les descentes me lessivent. Je consomme de plus en plus pour ne pas les ressentir. Elle agit désormais comme un antidépresseur. Je suis dépendante d’elle. Elle maîtrise mes pensées, et j’en ai besoin pour vivre. Je décide à nouveau d’aller consulter, j’envisage cette fois de prendre des médicaments. Je prends rendez-vous pour la première fois avec un psychiatre addictologue à Sainte-Anne. Aidée par les antidépresseurs, je parviens à faire quelques sevrages, alternés de rechutes plus ou moins violentes. La volonté me manque clairement. Je ne veux pas être mise face à mes échecs. Après quelques mois de traitement, je déserte le cabinet du docteur W. Pourtant je continue de croire que je peux arrêter, donc je continue de me droguer. C’est de là que vient toute l’ambiguïté de la chose. Plus je pense que je suis capable d’arrêter quand je veux, plus je continue.” Auteure et interprète connue pour ses tubes La Liste et Ciao Bella, Rose a vendu plus de 800 000 albums. Elle retrouve aujourd’hui le chemin du succès avec Larmes à paillettes, extrait de son nouvel album Kérosène, qui est également le titre du livre témoignage qu’elle publie aux éditions Ipanema (et dont le texte ci-dessus est extrait). Rose y raconte son addiction d’hier à la cocaïne et son long parcours pour en sortir. Nous sommes allés à sa rencontre pour une interview intime, cash et sans fard. Un podcast inédit réalisé par Sydney Klasen. Interview Ariel Kenig. Sur une idée originale de Laurence Vély. 


 

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