Female gaze, ce que vivent les femmes (2/2)

Dans la suite de cet entretien, Iris Brey expose le coeur de sa thèse sur le regard féminin à l’écran : à quoi peut-on le reconnaître ? Qu’est-ce que cela change à notre expérience de spectateurice ? Pourquoi est-ce qu’il ne s’agit pas d’une censure, mais au contraire d’une chance pour l’art cinématographique ?  


Le female gaze n’est pas l’inverse du male gaze, il peut être produit quel que soit le genre du réalisateur ou de la réalisatrice. Il ne s’agit pas d’objectifier les hommes comme on objectifie les femmes, mais bien de tout réinventer : la manière de filmer, de raconter des histoires, de les évaluer en terme critique… et d’enseigner le cinéma ! 


LES OEUVRES DONT IL EST QUESTION DANS L’ÉPISODE

« Titanic »de James Cameron (1997), « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma (2019), la série « La servante écarlate » par Bruce Miller (2017) pour Hulu, tirée du roman de Margaret Atwood, la série « I Love Dick » par Jill Soloway et Sarah Gubbins pour Amazon Video (2017), tirée d’un livre de Chris Kraus paru en 1997 et traduit en français en 2016 (éditions Flammarion), le film « Madame a des envies » d’Alice Guy (1906), qu’on peut visionner ici : https://www.youtube.com/watch?v=arIMC0qSyHw, « Cléo de 5 à 7 » d’Agnès Varda (1962), « Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles » de Chantal Akerman (1975), « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard (1960)


OEUVRES RECOMMANDÉES

Iris Brey recommande « Wanda » de Barbara Loden (1970) et « Simone Barbès ou la Vertu » de Marie-Claude Treilhou (1980)

Victoire Tuaillon recommande l’écoute du podcast Mansplaining, du journaliste Thomas Messias et la fréquentation du site Le Genre et l’écran, qui se propose de faire une critique féministe des productions audiovisuelles.


OEUVRES DE L’INVITÉE

« Sex and the series » 2016 (éd. L’Olivier)

« Le regard féminin : une révolution à l’écran » 2020 (éd. L’Olivier)


LE TEST DU FEMALE GAZE, selon Iris Brey

1 / Il faut que le personnage principal s’identifie en tant que femme.

2/ Que l’histoire soit racontée de son point de vue.

3/ Que son histoire remette en question l’ordre patriarcal.

4/ Que grâce à la mise en scène, le spectateur ou la spectatrice ressente l’expérience féminine.

5/ Si les corps sont érotisés, le geste doit être conscientisé.

6/ Le plaisir des spectateurs ne découle pas d’une pulsion scopique.


CRÉDITS

Les couilles sur la table est un podcast de Victoire Tuaillon produit par Binge Audio. Cet entretien a été enregistré dans le studio Surya Bonaly de Binge Audio (Paris 19e). Prise de son et réalisation : Quentin Bresson. Réalisation : Quentin Bresson Générique : Théo Boulenger. Chargée d’édition : Camille Regache. Direction des programmes : Joël Ronez. Direction de la rédaction : David Carzon. Direction générale : Gabrielle Boeri-Charles.


 

See acast.com/privacy for privacy and opt-out information.