Entretien avec Sylvie Topaloff

Sylvie Topaloff est avocate, inscrite au barreau de Paris depuis 1976. Elle se spécialise au départ en droit de la famille et devient à l’époque l’un des fers de lance de la section féminine du Mouvement d’action judiciaire, une organisation d’extrême gauche fondée au lendemain de Mai 68. Cet engagement lui fera notamment organiser des voyages à Amsterdam pour permettre aux femmes d’avorter avant la loi Veil. Elle résumait dans un portrait que Baudouin Eschapasse lui consacrait dans en mai dernier : « Je me rends compte rétrospectivement que, si je suis devenue avocate, c’est pour porter la voix des femmes dans les prétoires. »


Plus tard, la juriste s’oriente dans le droit social et, dans les années 1990, la défense de travailleurs maliens sans papiers souffrant de graves pathologies pulmonaires lui fait comprendre que, s’ils sont si malades, c’est parce qu’ils ont inhalé des poussières toxiques sur le chantier de décontamination du campus de Jussieu où ils étaient employés. C’est ce dossier de l’amiante qui la fera travailler avec Jean-Paul Teissonnière, en 1996, et tous deux vont s’atteler pendant près de dix ans à obtenir des réparations civiles mais aussi des sanctions pénales contre les responsables de cette catastrophe sanitaire à l’origine de 2 000 à 3 000 cancers mortels par an.


En 2002, ils fondent un cabinet commun, le cabinet TTLA (Teissonniere Topaloff Lafforgue Andreu), qui se concentre sur la défense des victimes du travail dans tous les domaines de l’industrie, en lien étroit avec les syndicats et les associations de défense des victimes. Ce cabinet compte aujourd’hui douze associés et une quarantaine de salariés répartis entre Paris et Marseille.

En plus du dossier de l'amiante, on retrouve l’invitée des Contrariantes dans nombre de grands procès de notre époque, comme celui de France Télécom, du Mediator, d’AZF. Et Sylvie Topaloff fait aujourd’hui partie des avocats des parties civiles au procès des attentats du 13 Novembre, où elle représente dix-neuf clients, dont les familles de quinze victimes, parmi lesquelles trois sont décédées. Un procès, comme elle le détaille au micro de Lætitia Strauch-Bonart et Peggy Sastre, permettant de poser « la question de savoir ce qu’est devenu notre pays ». Vaste programme.


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