Julia Bijaoui, la business food girl

Naît-on entrepreneuse ou le devient-on ?

Dans le cas de Julia Bijaoui, la réponse semble aisée. Encore qu’au fil des échanges, on se rend compte que ce qui a nourri son parcours, c’est tant un atavisme réel qu’une envie de changer le monde et un palais bien affûté.

 

Rembobinons. Julia, petite trentaine, coche toutes les cases de la réussite à la française : super bac, super prépa, super école, super cabinet de conseil, super start-up... Au milieu de la vingtaine, la voici chez Birchbox, l’entreprise qui popularise en Europe les abonnements à des box beautés. Comme elle le dit joliment, elle y trouve en plus le bonheur, sous la forme de Quentin Vacher qui va devenir son amoureux et son associé. Reste que l’envie d’un business à elle la démange.

 

Le déclic viendra de trop. Trop de travail, trop de soirées devant l’ordinateur et trop de sushis moyens gobés sur un coin de table. C’est que, chez les Bijaoui, la food, c’est quasi une religion et toutes les occasions sont bonnes pour passer à table. D’où l’idée d’un service de livraison à domicile de plats préparés « comme à la maison », équilibrés, sains et savoureux, respectant les saisons et les circuits courts. Banco ! Quentin dit oui et tous deux se lancent. Frichti voit le jour en 2015.

 

Leur projet est ambitieux car ils voient grand tout de suite. Comme le dit Julia, « notre concept est basé sur la maîtrise de toute la chaîne et le volume qui, seul, permet de garantir des prix raisonnables ». Pour cela, ils « sourcent » un à un les producteurs, vont leur rendre visite, élaborent en interne les recettes, les testent et les retestent, intègrent même dans un premier temps des livreurs salariés, lèvent des fonds pour assurer la croissance de Frichti, lancent un « super marché » pour ceux qui voudraient recevoir des produits bruts à domicile en 15 minutes… Évidemment, ça marche ! Si des dents grincent dans le microcosme des start-ups devant cette réussite éclatante, les Parisiens deviennent accro. L’avenir ? Julia Bijaoui le voit dans les grandes villes de France, ainsi qu’ailleurs en Europe.

 

Pour ce nouvel épisode enregistré dans les bureaux de Frichti, installés depuis peu dans un grand bâtiment baigné de lumière de l’Est parisien, nous avons parlé d’esprit d’entreprise, de circuits courts, d’alimentation, de culture, du statut des livreurs, de fromage, d’enfants, de féminité, d’indépendance, de responsabilité sociale et de nouveaux projets. Grâce à Julia Bijaoui, on se dit que la tech, à l’image de Frichti, peut changer la food, la société, voire le monde, pour peu que les femmes, elles aussi, se fassent confiance. Fichtrement intéressant donc !


 

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