Quelle est l'origine du sondage ?

De nos jours, les sondages d'opinion rythment la vie politique et portent sur tous les sujets. On ne saurait concevoir une élection sans accompagner la campagne qui la précède de sondages quasi quotidiens. Mais à quand remonte une telle pratique ?


Les Américains, précurseurs du sondage d'opinion


On peut trouver des ancêtres du sondage dans l'Antiquité. On a ainsi retrouvé, sur les murs de Pompéi, des slogans vantant les qualités de candidats aux élections municipales et invitant à voter pour eux.


À l'époque contemporaine, c'est aux États-Unis que le sondage d'opinion est né. C'est à l'occasion des élections présidentielles de 1936 que George Gallup, à la tête de son nouvel institut de sondage, recueille, pour la première fois, l'avis d'un groupe de personnes représentatif de la population américaine.


Dans le même temps, un hebdomadaire organise une vaste consultation auprès des électeurs. On appelle ce type de référendums officieux un "vote de paille".


En prévoyant la réélection de Roosevelt, c'est l'institut Gallup qui remporte la mise, alors que le journal avait annoncé la victoire de son concurrent. Ce succès confère d'emblée une légitimité certaine aux sondages d'opinion.


En France aussi


Le premier sondage d'opinion réalisé en France est presque contemporain de l'enquête américaine. Il date en effet d'octobre 1938, même si les résultats sont publiés l'année suivante.


Il est mené par les soins de l'Institut français d'opinion publique (IFOP), fondé par le sociologue Jean Stoetzel. Les accords de Munich viennent d'être conclus et la situation internationale reste très tendue.


Aussi la question posée aux Français fait-elle référence aux risques de guerre. On leur demande en effet s'il faut "mourir pour Dantzig". Il s'agit de ce corridor que l'Allemagne dispute à la Pologne. Soucieux de ne pas laisser la voie libre à Hitler, la grande majorité des personnes interrogées répond par l'affirmative.


Mais, à l'époque, de telles enquêtes d'opinion ne semblent intéresser ni la la classe politique ni l'opinion. Ainsi, un sondage portant sur les accords de Munich, en 1938, ne rencontre aucun écho au gouvernement. De même, les lecteurs du journal "Paris-Soir" ne réagissent pas à la publication de l'indice de popularité des hommes politiques.


 

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