Pourquoi Picasso est-il critiqué dans son rapport aux femmes ?

Dans un contexte marqué par de retentissantes affaires de harcèlement sexuel, reprises par des réseaux sociaux relayant les accusations de sexisme et de machisme qu'elles provoquent, la vie de certains personnages célèbres est vue d'un œil nouveau. C'est le cas de Picasso, qui aurait traité les femmes de manière cruelle.


Un homme violent avec les femmes ?


Picasso lui-même n'aurait pas fait mystère du mépris dans lequel il aurait tenu la plupart des femmes. Pour lui, elles n'auraient été, d'après l'une de ses compagnes, Françoise Gilot, guère plus que des "machines à souffrir".


D'après le même témoignage, le peintre aurait divisé les femmes en deux catégories : les "déesses" et les "paillassons". D'après l'une de ses biographes, Picasso aurait eu pour habitude de violer Marie-Thérèse Walter, l'une de ses maîtresses et modèles favoris, avant chaque séance de pose.


De son côté, sa petite-fille Marina parle de la "sexualité animale" de l'artiste. Pour certains, Picasso aurait aimé soumettre les femmes à des rapports sadomasochistes. Ce sera le cas avec la photographe Dora Maar, qu'il impose à sa compagne Marie-Thérèse Walter et qu'il aurait régulièrement battue.


Un dédain manifesté dans ses œuvres


En dehors du témoignage de ses proches, on a voulu chercher dans le triste destin de certains d'entre eux une preuve de la misogynie de Picasso et de sa violence envers les femmes.


Il est vrai que Marie-Thérèse Walter, mère de sa fille Maya, et Jacqueline Roque, se sont suicidées. Serait-ce à cause des mauvais traitements que Picasso leur aurait fait endurer ? Certains l'ont prétendu.


Il faut toutefois remarquer que ces suicides sont intervenus plusieurs années après la mort du peintre, treize ans dans le cas de Jacqueline Roque.


Pour certains, la trace de ce mépris des femmes se lirait dans les toiles de l'artiste. Dans certains de ses tableaux, en effet, Picasso, aidé par les ressources de l'art cubiste, représente les femmes comme des êtres déconstruits, au visage éclaté. Serait-ce une transposition visuelle du dédain dans lequel il les aurait tenues ?


Faut-il pour autant juger un artiste à l'aune des dérèglements de sa vie privée ? La question mérite en tous cas d'être posée.


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