Pourquoi parle-t-on de “pollution sensorielle” ?

L'activité humaine, dans certaines de ses manifestations, contribue à perturber la vie et les interactions des espèces animales. Même s'il est difficile à mesurer, l'impact de cette "pollution sensorielle" sur ce qui l'entoure n'en est pas moins réel.


Des repères brouillés


Cette "pollution sensorielle" est le résultat de l'activité humaine. Elle se traduit notamment par un éclairage urbain qui brouille les repères de certains animaux. Cette luminosité artificielle, qui s'étend loin de sa source, atténue ainsi la lumière des étoiles, qui guide le vol nocturne des oiseaux migrateurs.


De même, l'éclairage des rivages gêne les tortues marines dans leur recherche de lieux de nidification.


De son côté, le bruit ambiant, fruit, lui aussi, de l'activité humaine, recouvre le chant des oiseaux, perturbant ainsi leur communication.


Trompées par la surface lisse d'une route asphaltée, qu'elles prennent pour une mare, les libellules viennent y pondre leurs œufs, ne pouvant ainsi assurer leur descendance. Par ailleurs, certains polluants atmosphériques perturbent le processus de pollinisation.


Omniprésente, cette pollution sensorielle finit par tromper la vigilance des animaux, les rendant plus vulnérables à leurs prédateurs. Cette forme de pollution est d'autant plus préoccupante qu'elle touche tous les milieux naturels.


Des moyens de limiter la pollution sensorielle


Il est difficile d'apprécier l'impact global de la pollution sensorielle, dans la mesure où chaque espèce est, par exemple, sensible à un certain type de lumière ou à telle ou telle odeur.


Malgré cette difficulté, il est essentiel de rechercher des moyens propres à la limiter. C'est ainsi que les politiques d'aménagement urbain prévoient aujourd'hui des dispositifs spécifiques pour réduire l'intensité lumineuse de l'éclairage des villes.


On crée aussi des sortes de couloirs écologiques, connus sous le nom générique de "trame noire". Ces zones sont plongées dans une certaine obscurité, ce qui permet aux animaux de retrouver leurs repères.


Les municipalités testent également des dispositifs destinés à faire baisser le niveau sonore dans les rues des villes. Des radars anti-bruit ont ainsi été installés dans certaines d'entre elles.


Une autre piste consisterait à débarrasser les déchets plastiques d'odeurs qui les rendent appétissants pour certains animaux.


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