Pourquoi la Chine a-t-elle voulu mettre fin aux “Quatre Vieilleries” ?

Durant la "révolution culturelle", qui dura dix ans, de 1966 à 1976, Mao Zedong s'est mis en tête d'éradiquer le passé. Secondé par les fidèles gardes rouges, le parti communiste a donc ordonné de mettre fin aux "Quatre Vieilleries".


Un passé condamné


La révolution culturelle devait permettre à Mao de consolider son pouvoir en s'attaquant aux catégories sociales qui lui faisaient de l'ombre. Il a ainsi lancé des jeunes fanatisés, devenus des "gardes rouges", contre les fonctionnaires, les propriétaires fonciers ou encore les paysans aisés.


Parce que beaucoup d'entre eux restaient attachés à la culture traditionnelle, et en retiraient du prestige, le dirigeant chinois commanda à ses gardes rouges d'abattre ce qu'on appela les "Quatre Vieilleries". Autrement dit, tout ce qui relevait de l'ancienne culture et des vieilles coutumes.


Destructions et sévices


Galvanisés par le discours officiel, les gardes rouges prennent leur mission très au sérieux. Ils se répandent dans le pays et entreprennent de vandaliser les monuments du passé et de briser des objets précieux, datant parfois du plus lointain passé.


Les peintures traditionnelles sont déchirées et d'anciens manuscrits sont brûlés. Quant aux livres de généalogie, essentiels dans un pays où l'on célèbre le culte des ancêtres, ils n'échappent pas non plus à la destruction.


Mais les gardes rouges ne s'en prennent pas seulement aux objets. Ils s'attaquent aussi aux personnes. Les Chinois chez qui l'on trouve des "vieilleries" désormais interdites sont punis et humiliés en public.


Mais il y a pire. Des intellectuels, et notamment des artistes, font l'objet de sévices ou sont même assassinés. Les tortures qu'on leur réserve sont fonction de leur art. Ainsi, les gardes rouges crèvent les yeux des peintres ou écrasent les doigts des pianistes.


De même, les spectacles "anciens" sont prohibés et la culture doit désormais s'organiser autour de quelques opéras officiels.


Cette folie criminelle s'apaise peu à peu après 1976 et, à partir du début des années 1990, le pouvoir communiste entreprend de restaurer les œuvres et les sites endommagés par les gardes rouges. Il n'a d'ailleurs jamais fait état de l'ampleur des dégâts.


 

See acast.com/privacy for privacy and opt-out information.