Les ransomwares augmentent-ils le nombre de morts dans les hôpitaux ?

Souvenez-vous, nous vous racontions il y a quelques semaines que l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), avait été victime d’une importante fuite de données concernant près d’un millions et demi de personnes domiciliées dans la région parisienne. Si cette histoire n’a eu aucune conséquence dramatique pour la vie des patients et qu’aucune rançon n’a été demandé par les pirates, un rapport affirme pourtant qu’aux Etats-Unis, les attaques informatiques seraient responsables d’une hausse des décès dans les hôpitaux.


Sur les quelques 600 établissements ayant accepté de prendre part à l’étude de l'agence de cybersécurité Censinet, près d’un quart aurait détecté une hausse anormale des décès dans leurs différents services suite à une attaque informatique. Si l’on élargit un peu la lecture, ils sont même 40% à affirmer avoir subi au moins une cyberattaque par ransomware, ou rançongiciel au cours des deux dernières années. Pour rappel, un ransomware est un logiciel qui bloque l’accès à un ordinateur et parfois même à un réseau informatique tout entier en chiffrant les données, et qui exige que le propriétaire paye une rançon pour pouvoir reprendre le contrôle de son pc. Au final, ces chiffres ont une tout autre résonnance quand on les met en perspective avec la tension hospitalière générée à la même période par la pandémie de COVID-19. 


Si l’on affine encore un peu plus ces chiffres, près de 7 établissements sur 10 ayant subi une cyberattaque auraient justement été victimes d'un virus demandant une rançon. Conséquence : des retards de consultations et des reports d'intervention dans une grande majorité des cas. Pire encore, sur les établissements touchés par des ransomwares, ils seraient plus d’un tiers à avoir subi non pas une mais plusieurs attaques depuis 2019.


Si cette étude est angoissante et a de quoi donner de véritables sueurs froides aux services hospitaliers américains, il convient quand même de prendre un peu de recul. En effet, l’organisation nationale American Heart Association ressence près de 6000 hôpitaux dans le pays, soit dix fois plus que le nombre d’établissements consultés dans l’étude. Si Censinet n’avait sans doute pas les moyens d’interroger l’intégralité des hôpitaux du pays, le rapport donne quand même une tendance assez nette de ce qui s’est joué outre atlantique en pleine pandémie de COVID 19, et sans doute dans le reste du monde également.


Etude : https://www.censinet.com/ponemon-report-covid-impact-ransomware/


 

See acast.com/privacy for privacy and opt-out information.