Football, le sport le plus piraté en streaming ?

Si le football était historiquement distribué par les chaînes de télévision, la saison 2021/2022 a marqué un tournant avec l’arrivée d’Amazon dans le paysage médiatique français. Désormais distribué sur Prime Video, le football a quelque peu muté… une mutation assortie des problèmes inhérents au streaming : le piratage. Car d’après un rapport de Synamedia, le football est en effet le sport le plus piraté sur internet.


Dans son rapport, Synamedia précise je cite que « le football est le sport le plus piraté de la planète tout âge confondu et presque partout dans le monde […] c’est la plus grande passerelle vers d'autres sports illégaux en streaming », fin de citation. Statistique révélatrice : près d’un pirate sur deux aurait commencé justement en piratant du football, avant de s’attaquer à des films, des séries ou de la musique par la suite. Et par ricochet, le football entraîne le piratage d'autres sports. Sur les plateformes illégales, il est d’ailleurs courant de retrouver diverses rubriques avec plusieurs disciplines populaires comme le rugby, le basket, le tennis, la Formule 1 et bien d'autres. Le manque à gagner est au final colossal… En 2019, Hadopi avait chiffré le manque à gagner pour les diffuseurs et les sportifs à plus d’un milliard d'euros.


Plus exotique que le football, Synamedia attire aussi l’attention sur les sports de niche. Par exemple, les courses de chameaux, au Moyen-Orient, sont très populaires, même si le piratage de ces épreuves à l'échelle mondiale ne représente presque rien… Mais en réalité, ces courses de chameaux sont une passerelle vers des contenus comme la Coupe du monde de football. Mais au-delà de ce détail, le rapport montre qu'en fait, c'est l'intérêt financier qui guide les pirates, principalement en raison du coût des abonnements fixés par les diffuseurs.


Au final, comment lutter contre le piratage ? Il semble bien évident que placer un policier derrière chaque fraudeur potentiel est impossible. Mais face à ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur et qui semble difficile à endiguer, le Parlement européen a récemment adopté un rapport exigeant que les sites de streaming illégaux cessent leur diffusion au maximum 30 minutes après le signalement effectué par un titulaire des droits d’image ou suite à une dénonciation d’internaute. Pas sur que cela suffise… En France, le parlement a voté fin septembre une loi visant en partie à lutter contre le piratage audiovisuel... les ayants droits peuvent désormais agir en référé pour obtenir que les sites de piratages ne soient plus référencés dans les moteurs de recherches voire carrément bloqués d’internet. Rien de bien efficace là non plus, quand on sait que ces sites ont quasiment tous une armée de sites miroir qui prendront le relais en cas de blocage. 


Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.