L'IA serait aussi dangereuse que l'arme nucléaire ?

Que l'on s'enthousiasme ou que l'on s'inquiète pour son développement fulgurant, il est impossible de nier que l'intelligence artificielle prend de plus en plus de place dans notre quotidien. D'ailleurs, cette présence pourrait bien se transformer en omniprésence rapidement, ce qui n'est pas pour rassurer l'ancien PDG de Google Eric Schmidt, lequel y voit carrément une menace comparable à l'arme nucléaire.
C'est lors d'un forum sur la sécurité fin juillet à Aspen aux Etats-Unis qu'Eric Schmidt a tenté de mettre en garde sur le développement quasi-incontrôlé de l'intelligence artificielle. En effet, entre les amateurs de codage solitaire, les petites entreprises qui tentent de s'en servir pour développer leur activité et les géants de la tech qui y voient un outil révolutionnaire pour le futur, force est de constater que chacun joue un peu dans son coin et qu'aucune loi ou règlement international ne cadre l'IA. Si la comparaison d'Eric Schmidt entre l'IA et l'arme nucléaire est assez surprenante, ce dernier ne l'a pas sorti par hasard. En effet, le PDG de Google entre 2001 et 2011 recommande que toutes les grandes puissances, comme les États-Unis et la Chine travaillent sur un traité commun pour réguler l'IA. Ce dernier estime en effet qu'une telle politique est tout autant nécessaire que celle de dissuasion nucléaire mise en place par de nombreux pays, dont la France.
Concrètement, l’ancien leader de Google craint que sans barrière, l’essor de cette technologie ait des conséquences néfastes. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, l’actuel PDG de Google Sundar Pichai est du même avis. Je cite ses propos datant de 2018, « je considère qu’il s’agit de la technologie la plus profonde sur laquelle l’humanité travaillera et nous devons nous assurer que nous l’exploitons au profit de la société. […] Le feu tue aussi des gens. Nous avons appris à le contrôler pour le bien de l’humanité, mais nous avons aussi appris à en maîtriser les mauvais côtés », fin de citation. Dès lors, Eric Schmidt a créé le fonds AI2050 en février dernier afin d'encadrer le développement de l’IA, pour l'instant réservé aux universitaires. Concrètement, ce fond financera je cite « la recherche sur les “problèmes difficiles” en matière d’intelligence artificielle » à hauteur de 125 millions de dollars, avec une attention toute particulière sur les biais de programmation rencontrés par les algorithmes, les conflits géopolitiques et les dérives de la technologie.
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