Quelles solutions pour refroidir les serveurs internet sans polluer ?

Avec l’explosion de notre consommation d’internet, l’un des enjeux principaux des centres de données n’est autre que le refroidissement de leurs serveurs. Cette question est d’autant plus importante que d’ici 2025, les data centers représenteront 20% de la consommation d’électricité dans le monde et 10% des gaz à effet de serre. Or plusieurs alternatives existent pour réduire l’impact environnemental de ces data centers plus qu’important dans notre quotidien, comme celles proposées par la société Immersion 4.


On vous en a déjà parlé il y a plusieurs mois dans un autre épisode, nombreuses sont les entreprises à chercher des solutions comme Microsoft et son bain bouillant ou encore Facebook qui a déménagé ses serveurs en suède pour bénéficier de la fraîcheur naturelle offerte par le pays. Mais d’autres comme le projet Immersion 4, soutenu par la fondation Solar Impulse, propose un dispositif visant à refroidir directement les serveurs ce qui, vous en conviendrez, est bien plus économique dans tous les sens du terme que de climatiser une salle ou un bâtiment tout entier.


D’après le fondateur du projet Serge Conesa que je cite, ses chercheurs ont développé « une huile à l’intérieur de laquelle on immerge les serveurs, ainsi que des baignoires pour récupérer les calories générées, la chaleur, afin qu’elles soient éliminées ou recyclées ». Dans le détail, l'Ice Coolant, c’est son nom, est une huile diélectrique - qui ne conduit pas l'électricité - et biodégradable. Sa recette, qui permet de garder les serveurs au frais, est bien entendu un secret bien gardé. Ceci dit, une fois réchauffée au contact des ordinateurs, l'huile circule dans un échangeur pour être refroidie et injectée à nouveau dans les réservoirs. Elle ne s'évapore pas et est garantie 25 ans. Pour installer le système, quelques ajustements sont tout de même nécessaires puisque je cite, il faut « enlever les ventilateurs internes des serveurs, qui ne sont d'aucune utilité dans l'eau et proscrire les serveurs qui disposent de disques durs mécaniques » car ils ne sont pas complètement étanches » d’après le fondateur. Un dispositif qui n'est pas sans contraintes mais qui a tout de même le bénéfice de tout transformer et de ne rien faire perdre. 


Ce type de solution, le président de Solar Impulse Bertrand Piccard assure qu’il faut absolument les développer, expliquant que la consommation électrique du numérique représente l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires par an… Consommation qui par ailleurs doublerait tous les 4 ans d’après lui. Et en effet, le projet Immersion 4 a beaucoup d'atouts à faire valoir et pourrait ainsi être appliquée à toutes les entreprises dans le monde, quelle que soit leur taille, rendant de ce fait des millions de serveurs plus vertueux et respectueux de l’environnement.


 

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