Un homme pourrait-il être enceint ?

Et si la grossesse n'était plus seulement l'affaire des femmes ? Les progrès de la chirurgie permettraient d'envisager, à plus ou moins long terme, qu'un homme porte un enfant et lui donne naissance. Une telle entreprise poserait cependant de nombreux problèmes.


Une grossesse techniquement possible


Depuis que la greffe d'utérus est pratiquée, une grossesse masculine ne semble pas impossible à certains médecins. Cet organe ne serait plus seulement destiné aux femmes qui en sont dépourvues, mais aussi aux hommes.


Pour loger l'utérus, le chirurgien ferait de la place dans l'abdomen de l'homme qui le recevrait. Il l'attacherait ensuite solidement aux tissus environnants, ainsi qu'au bassin.


Il faudrait ensuite attendre un certain temps, pour vérifier l'absence de rejet. Le futur père devrait aussi prendre des hormones féminines, nécessaires au développement du fœtus placé dans l'utérus. Quant à l'accouchement, il ne pourrait bien sûr se faire que par césarienne.


De nombreux obstacles


Pour l'instant, de telles avancées médicales permettent aux femmes transgenres d'avoir une grossesse normale. En effet, elles voient se développer leur poitrine et un vagin leur est même transplanté.


Mais, pour une partie de la communauté médicale, ces progrès ne sauraient concerner les hommes. Ils n'ont même jamais tenté la moindre expérience en vue de greffer un utérus sur un animal mâle.


Cette réticence s'explique d'abord par des raisons d'ordre éthique et déontologique. En effet, la grossesse masculine changerait le rapport à la conception inscrit dans l'ordre naturel. Elle contribuerait aussi à modifier en profondeur la notion de parentalité.


Bref, certains médecins hésitent à bouleverser la marche naturelle des choses. Ils s'inquiètent aussi pour la santé du père "enceint". En effet, même si cette grossesse est techniquement possible, le corps de l'homme n'y est pas préparé. Il n'est pas conçu pour soutenir le fœtus.


Enfin, se pose la question du coût d'une telle grossesse, surtout dans les pays où la protection sociale repose sur un système d'assurances. En effet, celles-ci ne seraient pas prêtes à prendre en charge des opérations toujours très onéreuses. À titre d'exemple, une greffe cardiaque coûterait ainsi plus d'un million de dollars aux États-Unis.


 

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