Pourquoi modifier la vision des moustiques ?

Certaines espèces de moustiques sont les vecteurs de maladies très graves, comme le paludisme, la fièvre jaune ou la dengue. En 2019, plus de 400.000 personnes sont mortes du paludisme. Mais des chercheurs américains ont trouvé un ingénieux moyen de lutter contre ce fléau.


Des indices pour repérer leurs victimes


Les moustiques femelles, qui sont les seules à nous piquer, ont besoin de sang pour assurer la maturation de leurs œufs.


Mais comment ces insectes repèrent-ils leurs victimes ? Ils se fient d'abord au dioxyde de carbone émis par la respiration humaine. Grâce à ce premier indice, ils savent qu'un "hôte" est dans les parages.


Mais, à elles seules, ces émanations de CO2 ne l'amèneront pas en présence de leur victime. En effet, les moustiques ont besoin d'une autre indication, celle donnée par les couleurs.


La vision des moustiques est ainsi faite qu'ils sont attirés par les contrastes et les couleurs sombres. Guidés par le C02 et certaines couleurs, les insectes s'approchent très près de leur victime et sont alors à même de l'identifier.


Il est à noter que d'autres éléments, comme certaines bactéries de la peau ou le groupe sanguin, guident le moustique vers certaines personnes, de préférence à d'autres.


Une vision modifiée


C'est en partant de cette manière qu'ont les moustiques de repérer leurs proies que des chercheurs américains ont eu une idée originale. Ils ont modifié en laboratoire la vision des insectes.


En éliminant des protéines spécifiques, exprimées dans leurs yeux, ils ont rendu les moustiques incapables de distinguer les couleurs, sombres ou claires. Les insectes ne sont pas aveugles pour autant, mais ne sont plus en mesure de trouver leurs proies. De tels moustiques seraient donc inoffensifs pour les humains.


Toutefois, il ne s'agit pour l'instant que d'une recherche en laboratoire. Pour s'assurer de l'innocuité de ces moustiques génétiquement modifiés, il faudrait les observer dans la nature, en présence de leurs victimes potentielles.


En tous cas, si cette mutation génétique devait amener les résultats attendus, les moustiques auraient beaucoup plus de mal à se reproduire. Et, bientôt, ils ne piqueraient plus personne.


 

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