Qu'est-ce que le putsch d'Alger ?

Forte du soutien actif des pieds-noirs, ces Algériens d'origine française, une partie de l'armée proclame son attachement à l'Algérie française. L'indépendance de l'Algérie semblant pourtant inéluctable, des généraux fomentent un putsch à Alger, le 21 avril 1961. Mais la tentative est un fiasco.


La déception d'une partie de l'armée


Une partie des officiers français, déjà humiliée par la défaite de la France en Indochine, ne supporterait pas un nouveau revers en Algérie. D'autant que le pays, occupé depuis plus longtemps, est censé faire partie intégrante de la France.


Aussi l'armée a-t-elle soutenu avec enthousiasme le retour aux affaires du général de Gaulle, en juin 1958. Il est perçu comme l'homme providentiel, seul capable de conserver l'Algérie à la France.


Or le général s'engage très vite dans la politique inverse. Dès septembre 1959, il parle d'autodétermination pour les Algériens. Le principe en est accepté par les Français le 8 janvier 1961.


Enfin, dans une conférence de presse, tenue le 11 avril 1961, le Président de la République voit l'Algérie, à terme, comme un État souverain. Pour les partisans de l'Algérie française, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.


Un putsch vite déjoué


Dès lors, certains officiers généraux sont convaincus que la prise du pouvoir par l'armée en Algérie est la seule manière d'empêcher l'indépendance du pays.


C'est ce que pense le général Challe qui, avec trois autres généraux, prend le contrôle d'Alger dans la nuit du 21 au 22 avril 1961. Le palais d'été, où siège le délégué général du gouvernement, ainsi que les centraux téléphoniques, sont investis.


Dans la journée du 22 avril, l'état de siège est décrété sur le territoire algérien. Certains régiments se rallient au nouveau pouvoir, mais d'autres restent fidèles au gouvernement. De même, la marine refuse son concours aux putschistes.


Le 23 avril, le général de Gaulle, revêtu de son uniforme, fait une déclaration solennelle à la radio et à la télévision. Il ridiculise les instigateurs du soulèvement en les assimilant à "un quarteron de généraux en retraite". Le 26 avril, tout est fini. Deux des putschistes sont arrêtés, les deux autres s'enfuient et prennent la tête de l'OAS.



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