Pourquoi parle-t-on de la Cagoule ?

Organisation d'extrême-droite aux allures de société secrète, la Cagoule imagine un plan pour s'emparer du pouvoir au début du Front populaire. Avant d'être rapidement démantelée, elle se rend coupable de crimes et d'attentats terroristes.


Une organisation secrète


L'organisation secrète d'action révolutionnaire nationale (Osarn) est mieux connue sous le nom de "Cagoule", sobriquet un rien méprisant que lui donna l'un des dirigeants de l'Action française.


En effet, le groupe qui forme la Cagoule, dirigé par l'ingénieur Eugène Deloncle, est issu d'une scission de cette organisation royaliste. Il crée d'abord un parti qui, en juin 1936, se transforme en une organisation clandestine.


Elle a en effet tout d'une société secrète : ses membres passent par un rituel d'initiation et prennent des pseudonymes. La Cagoule est organisée comme une armée, avec un état-major et des bureaux. On y trouve aussi des régiments et des bataillons, dont les membres sont armés.


L'échec du coup de force


Craignant que le Front populaire ne fasse le lit du communisme, les dirigeants de la Cagoule ont conçu un plan pour s'emparer du pouvoir. Ils en profiteront pour se débarrasser de la République parlementaire et mettre un terme à l'influence des juifs, qu'ils considèrent tous deux come les responsables du déclin du pays.


Il leur faut d'abord créer un climat de terreur, pour mettre le gouvernement de Front populaire en difficulté et l'obliger à prendre des mesures impopulaires. C'est pour y parvenir que la Cagoule organise deux attentats à la bombe, dont l'un vise, le 11 septembre 1937, la Confédération générale du patronat français.


Le but est aussi de faire accuser les communistes de ces violences. En échange de subsides versés par le régime de Mussolini, la Cagoule fait aussi assassiner deux intellectuels antifascistes, les frères Rosselli.


Par ailleurs, les cagoulards ont des intelligences dans l'armée et ont noué des liens avec des officiers, dont certains ont une influence certaine. Le 15 novembre 1937, ils croient leur heure venue. Les dirigeants de l'organisation préviennent les militaires qu'un coup de force communiste est imminent.


Mais ces derniers, se rendant compte de l'inexistence de la menace, retirent leur soutien au coup d'État projeté par la Cagoule.



Voir Acast.com/privacy pour les informations sur la vie privée et l'opt-out.