Pourquoi les pêcheurs parlent-ils d'une “défaite” de la France ?

Les suites du Brexit sont parfois douloureuses pour certains secteurs économiques, comme celui de la pêche. En effet, Français et Britanniques s'opposent sur les droits qu'auraient les bateaux français à pêcher dans des zones maritimes relevant du Royaume-Uni et des îles anglo-normandes.


Des droits de pêche redéfinis


Durant une période transitoire, entre le 1er janvier 2021 et l'été 2026, les droits de pêche dans les zones relevant du Royaume-Uni et des îles anglo-normandes ont été redéfinis. Pour avoir le droit d'exercer leur activité dans ces secteurs, les pêcheurs français doivent obtenir une licence de la part des autorités concernées.


Les gouvernements de Londres et des îles anglo-normandes auraient accordé 216 licences, ce qui, d'après eux, répondrait presque en totalité à la demande formulée par l'Union européenne.


Mais la France ne se satisferait pas d'un tel chiffre. Elle réclamerait en effet 169 licences supplémentaires pour ses pêcheurs. Pour les obtenir, ils doivent prouver qu'ils ont déjà pêché, durant une période donnée, dans la zone concernée.


Or, Paris, Londres et les îles anglo-normandes, et notamment les autorités de Jersey, ne sont pas d'accord sur les justificatifs à fournir pour démontrer cette activité des pêcheurs dans les secteurs en question.


Le gouvernement accusé de "baisser pavillon"


Pendant un certain temps, le ton est donc monté entre Paris et Londres, le gouvernement français annonçant même des mesures de rétorsion.


Mais, face à l'opiniâtreté des Britanniques et, plus encre des autorités de Jersey, le ton semble avoir changé. En effet, le 18 novembre dernier, la ministre de la Mer a prévenu les pêcheurs qu'ils devaient s'attendre à des "pertes".


Elle a également annoncé des aides pour les pêcheurs qui n'obtiendraient pas de licences de pêche. C'est ce que la Ministre appelle des "plans de sortie de flotte". Mais, pour les professionnels du secteur, il s'agit plutôt d'un plan de "destruction de bateaux".


C'est pourquoi ils considèrent cette annonce comme une véritable "défaite" du gouvernement français, qui aurait reculé devant les exigences britanniques. Ils demandent aux pouvoirs publics de ne pas baisser les bras et de ne pas abandonner les jeunes pêcheurs, qui seraient davantage concernés par les refus de licence.


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