Pourquoi le site Wish est-il menacé par Bercy ?

Le ministère de l'Économie vient de demander le déréférencement, sur les moteurs de recherche, de la plateforme de commerce en ligne Wish, qui met en relation des vendeurs et des acheteurs. Cette décision aurait été prise en raison de la présence de nombreux produits non conformes sur le catalogue de la marketplace.


Des produits dangereux


Wish servirait d'intermédiaire entre 500.000 vendeurs et 100 millions d'utilisateurs qui, venus du monde entier, utiliseraient régulièrement la plateforme. Les premiers proposent surtout des produits peu coûteux, venant souvent de Chine. Une telle stratégie a permis à la marketplace de tirer son épingle du jeu, malgré la pandémie.


Or, les services de la répression des fraudes auraient alerté, dès 2018, sur la présence, dans l'offre de la plateforme, de produits dangereux, non conformes aux normes de sécurité en vigueur.


Et il ne s'agirait pas de quelques produits isolés. En effet, la répression des fraudes, qui vient d'examiner plus de 140 produits, estime que 90 % des appareils électriques, 45 % des jouets et plus de 60 % des bijoux doivent être considérés comme dangereux.


Estimant que Wish n'a pas répondu à ses demandes de mise en conformité de ces produits, le ministère a demandé, comme la loi lui en donne le pouvoir, la disparition du site des moteurs de recherche. Le ministre a même menacé Wish d'interdiction en France.


Une plateforme responsable des produits proposés ?


Les autorités françaises reconnaissent pourtant que la marketplace fait le plus souvent preuve de bonne volonté. En effet, elle ne tarde pas, en principe, à retirer un produit de son catalogue quand les pouvoirs publics lui en font la demande.


Mais les responsables de la plateforme rappellent que, du fait du nombre de vendeurs utilisant ses services, il est très difficile de vérifier l'innocuité d'autant de produits.


Ils considèrent d'ailleurs que, n'étant qu'un intermédiaire, ce n'est pas au site d'assumer ce rôle. Pourtant, un récent jugement, prononcé par un tribunal californien à l'encontre d'Amazon, estime que la plateforme est bien responsable des produits proposés par les vendeurs qu'elle héberge.


Un jugement qui, s'il devait faire jurisprudence, apporterait de l'eau au moulin des autorités françaises.


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