De quoi Carlos Ghosn est-il suspecté ?

Évadé, depuis décembre 2019, de sa prison japonaise, et réfugié au Liban, Carlos Ghosn, l'ex-PDG de Renault-Nissan, est sous le coup de plusieurs mandats d'arrêt. Entre autres malversations, la justice l'accuse d'avoir touché des rétrocommissions d'un montant très élevé.

Un système de rétrocommissions

Les relations entre Carlos Ghosn et l'homme d'affaires omanais Suhai Bahwan sont au cœur du système de rétrocommissions mis au jour par la justice française. La société SBA, fondée par le milliardaire omanais, est en effet le distributeur automobile de Renault, non seulement pour le sultanat d'Oman, mais aussi pour l'Iran et l'Arabie Saoudite.

D'après la justice, l'ex PDG de Renault faisait verser des primes, maquillées par diverses écritures comptables, à la société SBA. Ces primes venaient de Renault mais aussi de Nissan.

Le montant de ces primes aurait ensuite été versé sur des comptes appartenant à des sociétés-écran aux mains de proches de Carlos Ghosn. L'argent issu de ces primes aurait donc été acquis de cette façon par Carlos Ghosn.

Les sommes en jeu sont considérables. En effet, les sources judiciaires évoquent des primes d'un montant de près de 45 millions d'euros. Parmi les biens acquis grâce au blanchiment de cet argent, figure un somptueux yacht de 37 mètres.

D'autres chefs d'accusation

Mais d'autres chefs d'accusation pèsent encore sur Carlos Ghosn. La justice évoque notamment un prêt de 25 millions d'euros, consenti par Suhai Bahwan, et non remboursé à ce jour. En fait, ce remboursement n'aurait pas été demandé.

L'ex PDG de Renault semble avoir confirmé ces faits. Il aurait bien profité de cet argent sans jamais le rembourser. D'autres éléments paraissent encore suspects aux juges. C'est notamment le cas des bénéfices personnels que Carlos Ghosn aurait retirés d'une convention de mécénat entre Renault et l'établissement public gérant le château de Versailles.

En fait, l'homme d'affaires est visé par deux instructions distinctes et les accusations dont il doit répondre mettraient en évidence aussi bien la "corruption passive" que "l'abus de confiance" ou encore "l'abus de biens sociaux". Aujourd'hui, Carlos Ghosn est sous le coup de plusieurs mandats d'arrêt, dont un international.
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