Combien les radars rapportent-ils à l'Etat ?

Aujourd'hui, les radars rapportent nettement moins à l'État qu'en 2017, malgré une augmentation de leur nombre. Cette baisse de rentabilité s'explique de diverses façons.


Des radars qui rapportent moins


En 2017, les radars rapportaient près de 825 millions d'euros à l'État. L'année suivante, cette somme est passée à un peu plus de 860 millions.


Si les contraventions associées à des excès de vitesse enregistrés par les radars ont augmenté en 2019, l'activité des radars s'est fortement ralentie en 2020. Pour 2022, l'État ne devrait empocher, grâce aux radars, que 714 millions d'euros, beaucoup moins que les 809 millions prévus.


Et pourtant, le réseau de radars ne cesse de s'étendre. En 2022, on devrait en trouver 4.500 au bord des routes. La même année, des radars devraient même être installés en ville. Sans oublier les véhicules banalisés qui en sont équipés.


On pouvait également penser que certains facteurs, comme l'introduction de la limite de vitesse à 80 km/h sur certaines routes, allaient augmenter le nombre de contraventions, et donc l'activité des radars.


Des gilets jaunes à la crise sanitaire


Dès lors, comment expliquer cette baisse de recettes alors que le nombre de radars ne cesse d'augmenter et que les occasions de dépasser la vitesse autorisée sont plus nombreuses ? Les raisons ne manquent pas pour rendre compte de ce phénomène.


On peut d'abord invoquer de nouvelles dispositions, comme celle qui, depuis janvier 2017, enjoint aux chefs d'entreprise de signaler leurs salariés s'étant rendus coupables d'un excès de vitesse enregistré par un radar.


Par ailleurs, des centaines de radars ont été détruits ou neutralisés dans le cadre du mouvement de protestation des "gilets jaunes", débuté en novembre 2018.


Mais c'est sans doute la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 qui explique le mieux la baisse des contraventions, et donc la moindre rentabilité des radars. En effet, les restrictions de déplacement et les confinements décidés par les pouvoirs publics ont entraîné une nette réduction du trafic routier.


Par ailleurs, l'extension du télétravail, conduisant les salariés à rester chez eux, a renforcé ce phénomène.



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