Pourquoi les maisons Phénix mettent-elles la clef sous la porte ?

Les Maisons Phénix, détenues par le groupe Geoxia, étaient un peu le symbole, dans les années 1970, de l'accession à la propriété de couches sociales modestes. Mais, confrontée à de nombreuses difficultés, l'entreprise vient d'être placée en liquidation judiciaire.

Les difficultés d'un leader de la maison individuelle

Un slogan, populaire dans les années 1970, résume bien l'ambition du groupe détenant les Maisons Phénix, créées en 1946 : "Pour que chacun ait sa maison". Si ces maisons étaient souvent moins chères que d'autres, c'est que leur structure était fabriquée en usine et transportée sur place.

Dès lors, il ne restait plus qu'à compléter la construction. Mais ce modèle "démocratique" n'a pas résisté aux nombreuses difficultés auxquelles le groupe a été confronté.

Il avait en effet essuyé des pertes importantes à la fin des années 2.000, que ni l'État ni les banques n'avaient voulu éponger. Par ailleurs, des prix de l'immobilier plus élevés et des aides au logement plus limitées avaient encore fragilisé l'entreprise.

Les conséquences de la crise sanitaire liée au Covid et l'augmentation du prix des matériaux consécutive à la guerre en Ukraine, lui ont porté le coup fatal.

Des mesures d'urgence

La nouvelle du placement du groupe Geoxia en liquidation judiciaire, prononcée en ce début du mois de juillet 2022, a plongé les 1.150 salariés de l'entreprise dans le désarroi.

Et ce d'autant qu'à ce stade un repreneur n'a pu être trouvé. Plusieurs dispositifs, aussitôt déclenchés, vont heureusement venir à leur aide. Ainsi, le plan de grands licenciements, qui n'intervient que pour les entreprises de plus de 200 salariés, devrait accompagner les employés de Geoxia dans la recherche d'un nouvel emploi.

Quant au régime de garantie des salaires, il devrait permettre le versement aux salariés des sommes qui leur sont dues. Mais, au moment où le jugement a été rendu, des centaines de maisons étaient en pleines construction.

Certaines usines du groupe vont pouvoir mener quelques chantiers à leur terme. Pour d'autres chantiers déjà ouverts, les assurances devraient prendre le relais. Toutes ces mesures n'estompent qu'en partie l'impression de gâchis ressentie à l'annonce de la faillite de cette entreprise emblématique.
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